A l'ècole des enfants
A l’école des enfants
La canicule a parfois du bon. Pour échapper aux salles de
classe surchauffées, les instituteurs-trices conduisent systématiquement les
écoliers-ères dans des lieux plus frais, ce qui provoque en ville de
sympathiques et bruyantes processions enfantines. Tel groupe se dirige vers une
piscine hospitalière; tel autre vise l’ombre généreuse d’une forêt; tel
autre enfin a choisi de visiter la cathédrale pour y découvrir, en toute quiétude,
son histoire, ses beautés, ses messages. C’est étonnant combien les églises sont
souvent recherchées, du moins en été, pour l’accueil rafraichissant qu’elles
offrent gratuitement aux « pieux » visiteurs d’un jour.
J’observe ces cortèges d’enfants guidés par leurs enseignants
et éducateurs. Ils constituent la joyeuse humanité d’aujourd’hui, ils bâtissent
déjà l’espérance de l’humanité de demain. Et quelle belle diversité sociétale !
Visiblement, plusieurs continents sont représentés, plusieurs nationalités
cohabitent, plusieurs cultures sont en dialogue, plusieurs religions se côtoient.
Ces bouquets d’humanité en marche sont formés de fleurs multicolores, dans la
riche variété de leurs couleurs et de leurs parfums, tous également humains.
Mais je mesure aussi, pour le bon déroulement de cette promenade
écolière, combien il est important que des adultes soient présents, vigilants
et même encadrants. Les consignes sont strictes. Pour traverser le carrefour,
il faut se donner la main. Pas question de s’égayer hors des trottoirs et
sentiers balisés. La sécurité imposée par la loi conditionne le bonheur que
tous doivent pouvoir partager. En
somme : le symbole d’une vraie communauté en route vers son destin qu’on
souhaite heureux.
Ces enfants ainsi accompagnes, dans une liberté très
enjouée mais aussi très surveillée, ne sont-ils pas un résumé souriant de ce
que nous sommes -ou devrions être- pour avancer en humains solidaires et responsables
sur les chemins de nos vies ? Dans le respect de nos différences, dans le
partage de nos qualités et compétences, dans la mise en commun de nos valeurs,
jusqu’à se « donner la main » dans une fraternité à vocation
universelle ? Mais pas sans les
exigences d’une certaine discipline, pas sans les rigueurs d’un certain ordre
assumé. Et si ces enfants, probablement sans le savoir, nous offraient une nécessaire
leçon d’humanité ?
Pardonnez-moi ! Je ne peux m’empêcher de poser cette
interrogation complémentaire. Ces jeunes « humains » – comme les plus
âgés que nous sommes- sont d’abord les créatures d’un Dieu-Amour ; ils
sont aussi les amis préférés de leur Seigneur et Sauveur Jésus ; ils sont enfin
visités par l’Esprit Saint qui les escorte de ses inspirations et de ses énergies.
Parmi eux -comme parmi nous d’ailleurs- comment devinent-ils ce précieux mystère,
le savent-ils, le ressentent-ils, y croient-ils, en vivent-ils ? Un insondable
secret entre Dieu et chacun d’eux ! Et chacun de nous aussi !
Qui leur révèle -ou leur révélera- ce divin trésor qui
les habite si profondément ? Mais c’est une autre question…
Claude Ducarroz A paru
sur le site cath.ch le 26 juillet 2026
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