Pour + Pascal Corminboeuf

 

+ Pascal Corminboeuf

Pascal Corminboeuf.

Pascal. C’est beaucoup plus qu’un prénom. C’est un programme de vie. C’est un destin.

A ses origines, le mot pâque signifie « passage ». On pourrait dire aussi d’un pascal, qu’il est un passant dans sa vie, devenu un passeur par sa vie. Passeur de paix, de justice, de solidarité, de partage, de compassion. De bonheur aussi : 9 fois « heureux » dans ces béatitudes !

 Ne l’avez-vous pas reconnu, notre cher Pascal, entre les lignes, dans les paroles de l’Evangile que vous venez d’entendre ?

Oui, Pascal fut un passeur d’amour, car il a vraiment passé parmi nous en faisant le bien, beaucoup de bien. Nous sommes tous ici, à commencer par sa chère famille, pour lui dire d’abord un immense merci, mêlé de larmes, mais surtout habité par tant d’inoubliables souvenirs.

La tendresse de l’époux, l’amour multiple du père et grand-papa, l’affection pour sa famille élargie, sa présence de sagesse et de générosité auprès de très nombreux amis : tout cela reste à jamais gravé dans la fidèle mémoire de tous nos cœurs.

Car les beaux passages de Pascal, par sa vie et dans nos vies, n’ont pas été des évènements qui passent et s’effacent. Les rencontres avec Pascal ont accumulé  vie et amour pour en faire un trésor que l’on recueille aujourd’hui, avec émotion et reconnaissance, comme un bouquet multicolore, que l’on va admirer et savourer encore longtemps.

Merci, Pascal.

Enraciné dans le monde de l’agriculture, Pascal est resté paysan dans l’âme, tout en explorant avec gourmandise les autres facettes de la culture humaniste. A commencer par une curiosité toujours éveillée pour le beau sous toutes ses formes, des livres à la musique et au théâtre, et en particulier par sa passion pour le chant, surtout quand il peut être partagé par tout un peuple, en Eglise et en large communauté humaine.

En tout cela, Pascal s’investissait intensément et généreusement, parce qu’il pensait – à juste titre- que respecter la ou les traditions, ce n’est pas entretenir les cendres, mais transmettre le feu.

Plus profondément encore, autant il aimait et célébrait nos plaines, lacs et montagnes, autant, comme un aigle barbu, il pouvait voir plus loin et voler plus haut que beaucoup d’autres, jusqu’à un humanisme sans frontières et une fraternité universelle.

Les rencontres chorales de la Broye lui doivent tant. Son nom restera inscrit dans nos cœurs, avec ceux de Pierre Huwiler, Bernard Ducarroz et Rémy Goumaz, qui peuvent maintenant chanter ensemble, avec les anges !

 

Et ses passages en politique ! Dans le soin jaloux de garder sa liberté intérieure, il n’a pas fait de son indépendance une démonstration d’individualisme égoïste ou vaniteux. Tout au contraire. Il s’est donné à fond pour le bien commun, avec compétence et créativité, animé par la priorité -sans exclure personne- de servir d’abord les petits, les derniers, les oubliés de notre société.

Qu’un objecteur de conscience -hélas ! emprisonné en ce temps-là- ait pu devenir syndic et même conseiller d’Etat pendant 15 ans, c’est un véritable miracle démocratique. Il fut porté jusque-là, pas par le jeu complexe des partis -si utile qu’il soit- mais par la houle de la confiance populaire, ce qui honore et les qualités de sa personne et la sagesse de notre peuple.

La présence parmi nous de tant d’hommes et de femmes politiques souligne encore maintenant la façon dont Pascal Corminboeuf a su convaincre, par les belles valeurs civiques qu’il incarnait et finalement par le profond rayonnement humaniste qu’il diffusait autour de lui.

Plus largement encore, nombreux parmi nous pourraient dire combien les paroles et les exemples de Pascal ont non seulement enrichi leur sagesse de vie, mais aussi motivé et stimulé leurs engagements dans la société, surtout quand il fallait, comme lui, passer des paroles aux actes, avec tous les risques de ne pas être compris ni approuvés.

 

 

Dans ce contexte, je ne peux manquer de souligner ce que doit à Pascal, entre autres, l’association Osons l’accueil qui continue d’organiser un meilleur accueil « à la maison » pour nos frères et sœurs requérants d’asile.

Finalement, un Pascal, c’est un porteur de Paques. Autrement dit un chrétien, un baptisé dans la Pâque du Christ Jésus. Ce passager-là a beaucoup compté pour notre Pascal. Sincèrement, concrètement, mais sans ostentation, Pascal s’est inscrit dans ce pèlerinage-là, celui d’une Eglise catholique, mais appelée à devenir de plus en plus universelle, donc aussi œcuménique.

Une Eglise composée d’humains imparfaits, qui marchent -parfois en boîtant- sur les chemins d’un Evangile si divin parce qu’il est essentiellement très humain. Une Eglise qui inclut au lieu d’exclure. Une Eglise servante et pauvre, au cœur de notre monde, pour le transfigurer peu à peu, à la manière des apôtres et des prophètes, jusqu’à l’entrée dans le Royaume de Dieu.

C’est là que Pascal vient maintenant de passer, et même d’entrer, selon sa foi, celle de l’Eglise et la nôtre. Car, comme nous l’a rappelé saint Paul, rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ de Pâques.  Rien, et surtout pas la mort, puisque le Christ est ressuscité, et que là où il est maintenant, nous serons aussi avec lui pour toujours. Notre véritable et éternel à venir.

Alors nos larmes deviennent comme une pluie de printemps sur un jardin en réveil, qui redonne vie à ce qu’on croyait mort. Et nos prières sont là pour nous aider à pâquer, à vivre dans l’espérance de pâques. Y compris maintenant, car je crois que notre cher Pascal est devenu pleinement ce qu’il était dans son ADN humain et chrétien, un vrai pascal, un enfant de Pâques avec Jésus ressuscité.

 

Claude Ducarroz                                                             15 juin 2026

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Quand Jésus fait la noce...

+ JACQUES BANDERET

Saint Jean Baptiste... et 60 de ministère de prêtre!