Un saint de glace... en plus!

 

Un saint de glace…en plus !

Vous le savez sans doute. Nous naviguons en pleine saison des saints de glace. Selon la tradition, Mamert (le 11 mai), Pancrace (le 12) et Servais (le 13) s’apprêtent à nous gratifier de quelques refroidissements aussi redoutés qu’attendus.

Mais à Fribourg, on vient d’ajouter un nouveau saint à notre calendrier. Il est aussi 100% de glace puisqu’il s’agit du hockeyeur Julien (Sprunger), à la faveur d’une canonisation expresse et populaire. Un saint !  Que dis-je ? Un dieu vivant, selon une expression publiée dans le très sérieux journal La Liberté. Dès lors, en toute logique religieuse, il conviendrait de prévoir la prochaine bénédiction d’une statue à son effigie, en préparant d’ores et déjà les lumignons qui brûleront bientôt à ses pieds. D’ailleurs n’a-t-on pas anticipé son culte puisque des images du futur bienheureux circulent déjà en remplacement de notre légendaire saint Nicolas, y compris avec crosse et mitre ? Et la boucle est bouclée. On a fait du HC Fribourg Gottéron…une religion !

On peut comprendre les excès d’une telle ferveur quand on applaudit -comme je le fais aussi- aux exploits sportifs de notre club préféré, si vaillant dans son parcours, si triomphant dans son succès. La parade de la victoire a rassemblé tout un peuple dans la riche variété de toutes ses composantes. Ce fut une belle démonstration de communion, très bienvenue dans notre monde dominé par tant de violences, de conflits et d’exclusions. La joie d’une foule bigarrée, en fête pour les héros d’un sport, fait chaud au cœur. Elle réchauffe l’espérance dans les capacités humaines de se réjouir autrement que pour des gloires impérialistes ou militaires.

Mais faut-il pour autant convertir de telles célébrations en une nouvelle religion qui usurperait le vocabulaire mystique, instaurerait un pseudo culte des vainqueurs, consacrerait sa cathédrale à l’Arena BCF ?  Va-t-on  transformer peu à peu la jubilation d’être champions en une fête-dieu laïque, glissant vers l’idolâtrie ?

Franchement, sans rien rabattre de la liesse pour Gottéron Champion, j’estime que ce ne serait pas une bonne idée.

Saint Julien -le vrai-, patron de l’église de Matran, prie pour nous !

Claude Ducarroz

A paru dans le quotidien La Liberté  le 5 mai 2026

 

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