La saison des églises
La saison des églises
Ça y
est ! Le printemps est là. Feuilles et fleurs sont engagées dans une
merveilleuse émulation pour colorier et parfumer la nature en fête. Nos rêves
aussi, dans la fièvre de tous ces renouveaux, frétillent de désirs insolites,
par exemple : sortir de chez soi, aller voir ailleurs, apprécier de plus
larges horizons, etc…
La
géographie des imaginations nous conduit souvent à visiter des villes et villages
encore à découvrir pour enrichir le trésor de notre culture.
Et que
faisons-nous spontanément quand on débarque au centre d’une cité à mieux
connaître ? On cherche son lieu le plus significatif, on veut ausculter
son cœur, on repère un clocher, on entre dans une église.
Ici, c’est
une humble collégiale de style roman, qui favorise tellement la méditation en
silence et la joie de l’intériorité. Ici encore, c’est une cathédrale gothique
qui oriente immédiatement notre regard vers les mystères d’En-Haut. Et là,
voici l’éblouissement d’une abbatiale baroque qui nous transporte dans un ciel
encombré d’anges et de saints et saintes, en attente de nous accueillir si
humainement, quoique en Dieu évidemment. Sans oublier les petites églises de nos
villages, les modestes chapelles semées au bord des chemins de randonnées, et
tant d’oratoires qui nous font signe de nous arrêter pour prier, ne serait-ce qu’un
bref instant.
C’est
maintenant, la saison des églises. Qu’elle soit aussi la saison des Eglises.
Car nos voyages, même les plus touristiques, nous mettent en contact avec les
sanctuaires les plus variés, qui nous incitent à entrer en communion avec la richesse
œcuménique des diverses Eglises chrétiennes. Partout, on peut se recueillir, s’émerveiller,
prier, et d’abord pour l’unité des chrétiens et des Eglises. Dans l’austère sobriété
d’un temple protestant dominé par une grande Bible, devant l’exposition des nombreuses
icônes orthodoxes, comme dans n’importe quelle église catholique, souvent
illuminée par des vitraux : chacun peut faire ou refaire une profonde expérience
spirituelle. Celle d’un silence habité, celle d’une prière murmurée, celle une
contemplation savourée.
Et c’est
ainsi que s’édifie peu à peu, en nous et entre nous, l’unique Eglise des
Eglises, par ces pèlerinages à toutes ces églises rencontrées au hasard de nos promenades.
Car toutes, elles nous invitent à entrer, à voir, à écouter, jusqu’à deviner la
divine Présence, si proche dans notre cœur, celle qui nous donne la main sur
tous les sentiers de nos vies. Quelles qu’elles soient…
Claude Ducarroz
Cet article
a paru sur le site cath.ch le 30 avril 2026
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